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M. – il t’a déjà dit qu’il t’aimait ?

M. – si tu penses à “je t’aime”. Non.
Jamais.

M. – et des formules plus floues, moins faites

M. – n’attend rien de lui. Il ne manie pas les mots. N’utilise pas les mots d’amour. Impossible de lui reprocher d’être un beau parleur.

M. – tu as souffert de cette absence comme je souffre.
Comme je souffre.

M. – on souffre seul. Je veux dire. On choisit d’aimer. On choisit de souffrir. Ses bras sont là alors on ne pense pas.

M. – ça nous réveille la nuit le sentiment d’inconfort. Quand arrive l’ennui ?

M. – il ne vient pas. On ne finit jamais d’aimer. Mais on part.
On part et on souffre encore.

M. – pour où? Pour quels autres bras ? Pour qui ?

M. – on fait l’erreur de partir pour un autre que pour soi. On cherche la douceur d’un autre corps pour sauver sa peau. Mais on ne sauve rien.

M. – il y a des jours où on n’y pense plus?

M. – c’est toujours tapis au fond de l’esprit dans le noir comme en pleine lumière.

M. – dis moi que je partirais

M. – tu partiras
comme je suis partie. En l’aimant.